241 Lettres

Lettre 569 de Jean-Alphonse Turrettini à Bénédict II Turrettini

Cambridge 16.01.1693 [06.01.93]

Me voici depuis deux

JA est à Cambridge depuis deux ou trois jours. L'Université lui est apparue pareille à celle d'Oxford tant pour la beauté des CollÚges que pour la richesse des fondations. Le seul avantage de celle-ci est sa BibliothÚque publique, plus belle et plus riche que celle de Cambridge. On prétend en revanche qu'il y a ici des savants plus réputés qu'à Oxford mais tout ce que JA peut en dire, c'est qu'ils sont beaucoup plus sensibles et polis. Il a rencontré grùce à Wikart la plupart des professeurs et...

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Cambridge 16.01.1693 [06.01.93]


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Ea.5.7

Extraits dans Budé, Vie de Turrettini, p.29-31.


Me voici depuis deux


JA est Ă  Cambridge depuis deux ou trois jours. L'UniversitĂ© lui est apparue pareille Ă  celle d'Oxford tant pour la beautĂ© des CollĂšges que pour la richesse des fondations. Le seul avantage de celle-ci est sa BibliothĂšque publique, plus belle et plus riche que celle de Cambridge. On prĂ©tend en revanche qu'il y a ici des savants plus rĂ©putĂ©s qu'Ă  Oxford mais tout ce que JA peut en dire, c'est qu'ils sont beaucoup plus sensibles et polis. Il a rencontrĂ© grĂące Ă  Wikart la plupart des professeurs et il en a Ă©tĂ© fort content; le bibliothĂ©caire [John Laughton] est un fort habile homme qui s'occupe des Ă©trangers et leur montre l'UniversitĂ©. JA prĂ©voit de rester Ă  Cambridge environ trois semaines. Wikart a Ă©tĂ© reçu docteur, ce qui n'est pas trĂšs difficile ici. Il suffit d'y ĂȘtre immatriculĂ© depuis un certain nombre d'annĂ©es et de payer cent piĂšces, ce qui exclut les pauvres mĂ©ritants. [Nicolas] Fatio de Duillier ne se porte pas trĂšs bien et envisage de rentrer quelque temps Ă  GenĂšve au printemps, ce qui permettrait Ă  JA de faire le voyage avec lui et de pouvoir nouer, par son biais, beaucoup de connaissances Ă  Paris; selon JA, on devrait lui offrir la chaire de philosophie. Il se peut qu'il la considĂšre comme en-dessous de ses capacitĂ©s et sa santĂ© est bien fragile mais il faut dire d'autre part qu'il est dĂ©goĂ»tĂ© de ce pays oĂč on reconnait son mĂ©rite sans le rĂ©compenser. Depuis qu'il est devenu Ă©vĂȘque, Gilbert [I] Burnet, qui l'avait beaucoup louĂ© dans ses Voyages, veut Ă  peine le reconnaĂźtre, comme il le fait avec beaucoup d'autres personnes du reste. On s'Ă©tonne qu'il en use autrement avec JA mais la raison selon celui-ci est qu'il n'a rien Ă  lui demander. Que tout ceci reste confidentiel. Dimanche dernier, il dĂźnait avec ce prĂ©lĂąt qui lui montra deux lettres qu'il avait reçues de GenĂšve de personnes que JA ne considĂšre pas spĂ©cialement comme ses amis. Ils priaient l'Ă©vĂȘque de le sollicter Ă  accepter ce qu'on sait [la chaire de philosophie]. Il approuva nĂ©anmoins la dĂ©cision de JA de refuser l'offre.

Adresse

[GenĂšve]


Lieux

Émission

Cambridge

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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