81 Lettres

Lettre 392 de Samuel Ravier à Jean-Alphonse Turrettini

Paris 08.02.1692

Je suis faché... que

Ravier regrette que JA ait décidé de dire à Basn[age, Jacques] qu'on lui avait confisqué un de ses paquets; l'autre jour, une personne est venu les chercher mais il lui a dit qu'il les avait renvoyés. Cette personne écrira probablement à Basn[age]. On peut remédier à cela en disant que l'expéditeur, bien qu'on lui ait confisqué les livres, avait décidé d'en acheter d'autres pour les rendre. Il est vrai qu'il aurait pu garder le petit paquet mais le problème est qu'en renvoyant le reste, il était...

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Paris 08.02.1692


Lettre autographe, adressée. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 493 (f.236-237)


Je suis faché... que


Ravier regrette que JA ait décidé de dire à Basn[age, Jacques] qu'on lui avait confisqué un de ses paquets; l'autre jour, une personne est venu les chercher mais il lui a dit qu'il les avait renvoyés. Cette personne écrira probablement à Basn[age]. On peut remédier à cela en disant que l'expéditeur, bien qu'on lui ait confisqué les livres, avait décidé d'en acheter d'autres pour les rendre. Il est vrai qu'il aurait pu garder le petit paquet mais le problème est qu'en renvoyant le reste, il était obligé de rendre le tout; en outre, il craignait d'être fouillé. Sa valise l'a été mais pas lui, contrairement à [Ami (?)] Perdriau qui a été fouillé jusque dans ses poches. Il n'y avait pas moyen de passer le paquet car ce dernier était trop gros. Il estime avoir fait de son mieux pour s'acquitter de la commission. On a écrit à JA au sujet des proposants de Genève; franchement, c'est une bonne chose qu'on leur interdise la cène; il regrette seulement que [Léonard] Baulacre en soit l'un des chefs. Quant à Paris, l'expéditeur commence seulement à y faire des connaissances mais il s'y plaît beaucoup. Ils sont allés à l'Opéra; le Dauphin [Louis de France] assistait à la représentation. Ils sont allés en masque à un bal que donnait Monsieur [Philippe d'Orléans] ; il y avait plus de 4'000 masques et ils se seraient amusés davantage s'il y avait eu moins de monde. Il va souvent à la Comédie; JA aurait été enchanté de voir [Marie] Champmeslé jouer dans Le Cid; Baron [Boyron] ne joue plus mais on dit qu'il réintègrera la troupe. Il espère pouvoir l'entendre. Il va quelquefois chez les Italiens pour rire. Perdriau est assez sage, Ravier ne croit pas qu'il ait fait des sottises depuis qu'il est avec lui. L'expéditeur lui-même est sage; il voit certainement des dames mais des dames dont il est édifié. Il a vu [Anne I] [Morogues] de Médan; sa fille [Anne II] n'est pas aussi jolie qu'on le lui avait dit; s'il n'en voit pas d'autres, il n'aura pas de tentations. Il a remis à Masclari le portrait dont il était chargé. S'il est vrai que Monrouai, curé des Invalides, est mort, il est mort fort à propos. Le père Bouhours s'est justifié du crime dont on l'avait accusé. [Antoinette] Des Houlières a fait un traité contre les bigots [Epitre] qu'il n'a pas encore vu mais qu'on dit bon. Il remet à une autre fois les nouvelles littéraires. Les jours sont si courts et le temps si mauvais qu'il n'arrive à voir que la moitié des personnes qu'il voudrait rencontrer. Un des amis du père Malebranche doit le conduire chez lui. Il attend un temps meilleur pour aller voir Versailles. Il félicite JA de ses sermons; on aura envie de l'entendre à nouveau et, après Jurieu, d'autres l'engageront à prêcher à leur place. Il a vu l'Avis aux réfugiés imprimé à Paris; il vient après coups et ne servira pas à justifier Bayle. On est peu édifié de la conduite de ces gens, de même qu'en Hollande. Pour ce qui est de la paix, Son Altesse de Savoie [Victor-Amédée II] n'a rien voulu entendre et [Lennox de] Richmond est retourné en Angleterre. Il ajoute quelques mots pour [Antoine II] Saladin qui lui a écrit. Il regrette beaucoup de l'avoir irrité en lui disant qu'il serait juste qu'il participât aux frais excessifs que l'expéditeur a faits de Rotterdam à Anvers. Il aurait ainsi évité les brutalités que Saladin lui a écrites. Il n'aurait jamais imaginé une telle insensibilité aux marques d'amitiés qu'il lui a données. Il est vrai du reste qu'il a été embêté de dépenser autant d'argent pour sa bêtise mais il ne se laissera pas aller envers Saladin comme celui-ci l'a fait à son égard. Ils s'échangeront les comptes et après cela s'il reste débiteur, il le remboursera très exactement.

Adresse

Rotterdam


Lieux

Émission

Paris

Réception

Rotterdam

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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