160 Lettres

Lettre 247 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

[Genève] 19.06.1691 [09.06.91]

Je suis extremement sensible

L'affaire des proposants n'est pas totalement finie mais elle approche de son dénouement. La Compagnie, voyant que les étudiants ne revenaient pas sur leurs décisions et persistaient dans leur révolte, a député [Louis I] Tronchin devant le Conseil pour demander à celui-ci de décharger les proposants des prières en raison de leur trop petit nombre. Il a ajouté aussi qu'on avait péché d'un certain anabaptisme, en permettant à des personnes sans vocation de prier pour le peuple et de lui donner la...

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Lettre 247 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

[Genève] 19.06.1691 [09.06.91]


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 488 (f.3)

Budé, Lettres, II, p.209-212. Omissions.


Je suis extremement sensible


L'affaire des proposants n'est pas totalement finie mais elle approche de son dénouement. La Compagnie, voyant que les étudiants ne revenaient pas sur leurs décisions et persistaient dans leur révolte, a député [Louis I] Tronchin devant le Conseil pour demander à celui-ci de décharger les proposants des prières en raison de leur trop petit nombre. Il a ajouté aussi qu'on avait péché d'un certain anabaptisme, en permettant à des personnes sans vocation de prier pour le peuple et de lui donner la bénédiction de la part de Dieu. Il a demandé dès lors à la Seigneurie d'engager des ministres pour faire les prières que les proposants ne feront plus. Mais le Conseil a prétexté les grandes charges qu'il doit déjà assurer et a proposé que la Compagnie s'en occupe elle-même, en mettant à contribution ceux des ministres et des professeurs qui, tout en percevant des gages comme les autres, ont moins à faire. Certains prétendent qu'on lui aurait dit que, s'il n'y a pas assez d'étudiants, c'est aussi la faute de la Compagnie qui n'arrive plus à attirer des étrangers puisqu'on ne leur permet pas ensuite de s'établir. L'Escot ne sait pas s'il est vrai qu'on ait dit cela mais trouve que c'est juste. À la fin les étudiants ont gagné la bataille et certains d'entre eux ont été contents que JA fût absent puisque sa présence aurait infléchi le cours des troubles. [Bénédict] Calandrini explique la lettre aux Galates. Les cours rabbiniques [de Michel Turrettini] recommencent à être fréquentés. Enfin, tout rentrera dans l'ordre. [Gabriel] Fabri partira d'ici peu en mission en qualité de ministre de camp dans le régiment de [Pierre (?)] Stoppa. Il a prêché deux fois à l'Hôpital, dont la deuxième fois sur l'amour des ennemis. Il n'a pas pu s'empêcher de déverser ici et là sa bile contre ceux qui l'ont exclu et a dénoncé ceux qui font semblant de pardonner. Il a voulu prêcher la morale parce qu'on l'avait accusé de ne pas l'entendre comme il faut. Or, il la comprend un peu mais superficiellement. [Étienne] Rocca, capitaine en Piémont, a été accusé de trahison et arrêté. François Pictet est parti pour essayer de lui venir en aide. L'Escot fait ce qu'il peut pour décrocher un poste et prie JA de chercher s'il n'y aurait rien pour lui en Hollande; il le prie également d'écrire à Baux à Berlin dans le même sens. Il le félicite du succès de sa proposition.

Adresse

Leyde


Lieux

Émission

Genève

RĂ©ception

Leyde

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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