262 Lettres

Lettre 79 de Jean-Alphonse Turrettini Ă  Johann Heinrich Gernler

[GenĂšve] 11.11.1687 [01.11.1687]

En quelle extremité

Un torrent de larmes a jailli des yeux de JA à la lecture de la lettre de condoléances envoyée par Gernler. Le décÚs de son pÚre a été une perte cruelle pour lui. Il avait en effet goûté la douceur d'un pÚre qui avait pour lui toute la tendresse possible. Pour changer de sujet, il annonce à Gernler qu'il a montré sa lettre et son épitaphe à [Bénédict] Pictet qui a trouvé l'une et l'autre trÚs belles. Il faut imprimer l'épitaphe; si la famille en reçoit suffisamment, on pourrait les faire imprime...

[GenĂšve] 11.11.1687 [01.11.1687]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Öffentliche Bibliothek der UniversitĂ€t (Basel), Ki. Ar. 130b 159 (n.f.)


En quelle extremité


Un torrent de larmes a jailli des yeux de JA Ă  la lecture de la lettre de condolĂ©ances envoyĂ©e par Gernler. Le dĂ©cĂšs de son pĂšre a Ă©tĂ© une perte cruelle pour lui. Il avait en effet goĂ»tĂ© la douceur d'un pĂšre qui avait pour lui toute la tendresse possible. Pour changer de sujet, il annonce Ă  Gernler qu'il a montrĂ© sa lettre et son Ă©pitaphe Ă  [BĂ©nĂ©dict] Pictet qui a trouvĂ© l'une et l'autre trĂšs belles. Il faut imprimer l'Ă©pitaphe; si la famille en reçoit suffisamment, on pourrait les faire imprimer ensemble, comme on fait en Allemagne. JA craint toutefois que cela n'arrive pas car ce n'est pas ici la coutume. Il faudrait que, de toute façon, la piĂšce de Gernler fĂ»t imprimĂ©e. Si on le fait Ă  GenĂšve, JA redoute que les ouvriers ne sachent pas garder la proportion des caractĂšres et des lignes. Gernler sait combien ils sont ignorants lĂ -dessus. Cela pourrait les obliger Ă  imprimer cette piĂšce, et Ă©ventuellement les autres, Ă  BĂąle ou ailleurs. Quoi qu'on fasse, Gernler pourra, s'il le veut, apporter des modifications au double de son texte, notamment au commencement que JA n'a pas bien compris. La seule chose qui pourrait les retenir de faire imprimer les vers serait la coutume, comme il l'a dĂ©jĂ  dit, mais on ne la consulte pas non plus sur un autre point, celui de l'oraison. JA confie sous le sceau du secret Ă  Gernler que [BĂ©nĂ©dict] Pictet a prĂ©parĂ© un discours pour l'AcadĂ©mie, qu'il a qualifiĂ© d'inaugural, plutĂŽt que funĂšbre, pour Ă©viter le bruit que certains pourraient faire. JA a vu ce discours. Il contient une narration exacte de la vie de son pĂšre et est parfaitement beau, plus simple et moins ampoulĂ© que les autres productions de son auteur. Si on l'imprime, on pourra y ajouter des vers, s'il y en a assez. JA a, en tout cas, reçu beaucoup de lettres et mentionne les noms des gens les plus considĂ©rables, sans parler d'un grand nombre de ministres rĂ©fugiĂ©s en Suisse. Pour l'instant, JA n'a pu rĂ©pondre qu'Ă  peu de personnes. La mĂšre de JA remercie Gernler de sa lettre. JA suggĂšre Ă  son correspondant d'Ă©crire aussi Ă  son oncle [BĂ©nĂ©dict II Turrettini] et Ă  sa tante [Marie I Turrettini], qui est Ă©galement accablĂ©e. JA essaie d'Ă©loigner de sa mĂ©moire tout ce qui lui rappelle des souvenirs trop pĂ©nibles. Les lettres sont ce qu'il y a de pire. MĂȘme les plus consolantes gĂątent tous ses efforts pour Ă©loigner le souvenir de cette perte et dĂ©truisent ce qu'il avait pu gagner Ă  grand peine sur lui-mĂȘme. Il en va de mĂȘme des visites, auxquelles il s'est soustrait autant qu'il a pu. Mais que Gernler ne cesse pas pour autant de lui Ă©crire. La famille est rĂ©solue Ă  envoyer Ă  [Johann Jakob I] Thurneysen, Ă  BĂąle, un petit portrait du dĂ©funt. Le but est d'en faire faire une estampe qui paraĂźtra Ă  la tĂȘte de la deuxiĂšme Ă©dition [de l'Institutio] qui s'imprime. La premiĂšre partie du premier tome avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© augmentĂ©e de nombreuses piĂšces avant l'accident. Si, au printemps, Gernler est encore en Hollande, JA lui en enverra quelques exemplaires pour les faire imprimer pour la foire.

Adresse

[Hollande (?)]


Lieux

Émission

GenĂšve

RĂ©ception

Hollande

Conservation

BĂąle


Cités dans la lettre