507 Lettres

Lettre 4361 de Hans Kaspar II Escher à Jean-Alphonse Turrettini

Zurich 28.05.1732

Je Vous rends mes tres

Escher remercie JA des nouvelles curieuses qu'il lui a envoyées récemment; il est probable que le Parlement [de Paris] se sent appuyé par les princes du sang qui n'ont aucune part dans les affaires du gouvernement. Le tout pourrait aboutir à un changement de ministère, la nation étant trop bigote pour viser autre chose. Du reste les adorateurs de l'abbé Paris et les jésuites sont animés du même esprit à l'égard des protestants. À propos de démêlés ecclésiastiques, JA est sûrement au courant de c...

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Zurich 28.05.1732


Lettre autographe, signée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.E.5

Budé, Lettres, I, p.378-379. Omissions.


Je Vous rends mes tres


Escher remercie JA des nouvelles curieuses qu'il lui a envoyées récemment; il est probable que le Parlement [de Paris] se sent appuyé par les princes du sang qui n'ont aucune part dans les affaires du gouvernement. Le tout pourrait aboutir à un changement de ministère, la nation étant trop bigote pour viser autre chose. Du reste les adorateurs de l'abbé Paris et les jésuites sont animés du même esprit à l'égard des protestants. À propos de démêlés ecclésiastiques, JA est sûrement au courant de ce qui se passe à Bâle au sujet de [Johann Jakob] Wettstein; trois théologiens bâlois, à savoir [Hieronymus] Burckhardt, [Jakob Christoph] Iselin et [Johann Ludwig] Frey, ont écrit une lettre lamentable à la Classe de Zurich dans laquelle ils se plaignent doucement du Magistrat et amèrement de [Samuel] Werenfels et des Wettstein père [Johann Rudolf IV] et fils. Ils communiquent aussi quelques pièces du procès, notamment la lettre qu'ils ont écrite à Werenfels et sa réponse. Ils déclarent ouvertement qu'ils ne reconnaissent pas Wettstein le fils pour ministre et ils demandent assistance et compassion. Ils ont agi de même à l'égard des Classes de Berne et de Schaffhouse, qui semblent leur donner raison. Pour ce qui est de celle de Zurich, elle est partagée entre ceux qui voudraient se rallier à leur demande et ceux qui voudraient pacifier les esprits. Le Magistrat zurichois partage cette dernière position. Escher pense que les autorités politiques bâloises auraient dû avoir davantage de compréhension pour ceux qui s'opposaient au pardon de Wettstein et qu'il est toujours bon de traiter de façon déférente les ecclésiastiques, compte tenu de l'importance de leur rôle dans la société. Il est toutefois scandalisé de la façon dont les trois théologiens se sont adressés à Werenfels qui fait preuve, dans sa réponse très digne, de vertu et de piété ; le zèle théologique ne permet pas de laisser vivre en paix cet illustre vieillard dont les écrits ont toujours été le délice des gens de bon sens. Il est en tout cas à souhaiter que cette affaire ne s'échauffe pas davantage et que les uns et les autres retrouvent de la modération. Il a été heureux d'apprendre que JA avait de bonnes nouvelles de son fils et de [Jacob] Vernet; s'ils passent par la Hesse et le Hanovre, ils verront une partie de l'Allemagne protestante qui fleurit tout autrement que la catholique située le long du Rhin. Escher s'accorde avec JA pour penser qu'on aurait mieux fait de ne pas employer Consul mais désormais le mal est fait. Le mieux est qu'il n'y ait encore rien de perdu que les frais. Les États de Hollande et de West-Frise ont écrit récemment pour dire qu'ils n'avaient pas encore trouvé d'établissement pour ces pauvres Vaudois; en attendant leur délibération, ils ont envoyé 20'000 écus. Le silence du roi d'Angleterre [George II], qui n'a pas répondu aux lettres des Cantons évangéliques au sujet de ces frères, est étonnant. Pour le renouvellement de l'alliance avec la France, Berne a déclaré vouloir entrer en négociation mais avec des précautions et des limitations qui produiraient un traité tout autre que celui de 1663. Escher ne peut que louer leur dessein mais il craint que l'ambassadeur [de Bonnac] ne s'offense davantage d'une telle proposition que d'une excuse respectueuse. Ce printemps les paysans, par ordre du Magistrat, ont si bien fait la guerre aux chenilles, qu'elles n'ont pu causer aucun dommage; les hannetons au contraire sont revenus en foule et ont gâté les noisetiers et les chênes. Le blé et la vigne sont d'une beauté extraordinaire.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Zurich

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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