507 Lettres

Lettre 3746 de Jean-Rodolphe II Ostervald Ă  Jean-Alphonse Turrettini

BĂąle 15.02.1727

Ma negligence à vous

JA a de l'indulgence pour le pauvre malade qu'est Ostervald et ne lui a pas tenu rigueur du fait qu'il ne l'ait mĂȘme pas remerciĂ© de lui avoir envoyĂ© ses excellentes thĂšses [Disputatio, pars quinta, 1726]. Il est toujours instruit et Ă©difiĂ© par les Ă©crits de son correspondant. L'Ă©tĂ© dernier, il a fait un court voyage Ă  Strasbourg et y a rencontrĂ© Fröreisen, docteur et professeur en thĂ©ologie, qui lui a parlĂ© avec beaucoup d'Ă©loges des ouvrages de JA et les lui a montrĂ©s pratiquemen...

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BĂąle 15.02.1727


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.O.3

Budé, Lettres, III, p.201-203.


Ma negligence à vous


JA a de l'indulgence pour le pauvre malade qu'est Ostervald et ne lui a pas tenu rigueur du fait qu'il ne l'ait mĂȘme pas remerciĂ© de lui avoir envoyĂ© ses excellentes thĂšses [Disputatio, pars quinta, 1726]. Il est toujours instruit et Ă©difiĂ© par les Ă©crits de son correspondant. L'Ă©tĂ© dernier, il a fait un court voyage Ă  Strasbourg et y a rencontrĂ© Fröreisen, docteur et professeur en thĂ©ologie, qui lui a parlĂ© avec beaucoup d'Ă©loges des ouvrages de JA et les lui a montrĂ©s pratiquement tous. Il a vu en lui un esprit net et un cƓur doux, ce qui est rare parmi les thĂ©ologiens luthĂ©riens. Il l'a assurĂ© vouloir chaleureusement la rĂ©union et lui a dit qu'Ă  l'exception d'un ou deux ecclĂ©siastiques, tous ceux de Strasbourg Ă©taient dans les mĂȘmes sentiments. Ostervald aurait voulu rencontrer quelqu'un de ces messieurs mais sa maladie l'a obligĂ© Ă  Ă©courter son sĂ©jour. Il a lu avec beaucoup de plaisir et de profit le Nouveau Testament qu'on doit Ă  l'AcadĂ©mie de GenĂšve [1726] ; on laisse entendre qu'on verra Ă©galement une nouvelle version de l'Ancien Testament. [Samuel] Werenfels a renoncĂ© aux assemblĂ©es acadĂ©miques et se borne Ă  faire ses leçons; l'Ăąge avancĂ© y est pour beaucoup mais aussi le fait qu'il dit qu'on n'aboutit pas Ă  grand'chose lors de ces rĂ©unions. Sous peu aura lieu la dispute pour la chaire de physique; les messieurs de l'UniversitĂ© sont chagrinĂ©s parce que le Magistrat leur a forcĂ© la main dans la maniĂšre de pourvoir la place vacante. On voulait porter l'affaire devant le Conseil des Deux-Cents mais on le leur a dĂ©conseillĂ©. Le Magistrat vient de publier une rĂ©forme trĂšs rigoureuse contre le luxe, les modes, les jurements, les jeux et la profanation du dimanche. L'article qui abolit tous les sermons funĂšbres fait un grand bruit et il y a un tel Ă©chauffement qu'on parle mĂȘme de les rĂ©tablir. Ostervald pense que JA sait mieux que lui ce qui s'est passĂ© Ă  Berlin et ne lui en parle donc pas. Dieu a voulu que les ministres [de NeuchĂątel] trouvent grĂące aux yeux de Sa MajestĂ© [Friedrich Wilhelm I]. On a essayĂ© tous les moyens pour noircir la Compagnie soit Ă  Berlin soit Ă  NeuchĂątel, mais les ennemis ont fait connaĂźtre les passions qui les animaient. Il demande Ă  la fin de pardonner les fautes de la lettre mais l'Ă©tat de sa tĂȘte ne lui permet pas une trĂšs grande concentration. Il assure la femme de JA et son fils [Marc] de ses respects.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

BĂąle

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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