507 Lettres

Lettre 2763 de Benjamin Chauvet de Masse Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Berlin 03.05.1717

Ne m'atendant pas

De Chauvet apporte les prĂ©cisions suivantes concernant l'inventaire des biens de [Madelaine] de Pluviane: en premier lieu, il n'y a pas d'autre argent qui viendrait de la dĂ©funte et qui ne serait pas indiquĂ© dans l'inventaire; il a mĂȘme dĂ©pensĂ© auprĂšs d'elle ses appointements et une somme qu'il avait en son propre. Il n'a jamais eu connaissance du testament qu'on a trouvĂ© chez le notaire [Isaac] Martin Ă  Berlin et on ne lui a jamais dit que la procuration qu'il avait le rendait responsable d'une...

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Berlin 03.05.1717


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.5


Ne m'atendant pas


De Chauvet apporte les prĂ©cisions suivantes concernant l'inventaire des biens de [Madelaine] de Pluviane: en premier lieu, il n'y a pas d'autre argent qui viendrait de la dĂ©funte et qui ne serait pas indiquĂ© dans l'inventaire; il a mĂȘme dĂ©pensĂ© auprĂšs d'elle ses appointements et une somme qu'il avait en son propre. Il n'a jamais eu connaissance du testament qu'on a trouvĂ© chez le notaire [Isaac] Martin Ă  Berlin et on ne lui a jamais dit que la procuration qu'il avait le rendait responsable d'une Ă©ventuelle diminution des biens ou l'obligeait Ă  en rendre compte Ă  qui que ce soit. La mĂȘme remarque s'applique Ă  la procuration qu'il a eue de la part d'[Isabelle II] Turrettini et ni l'une ni l'autre de ces dames ne lui ont jamais demandĂ© de comptes ou chargĂ© d'en rendre Ă  d'autres. Il a toujours agi sur la base du testament olographe dans lequel Madame de Pluviane faisait de sa sƓur Madame Turrettini son hĂ©ritiĂšre avec substitution en faveur de de Chauvet lui-mĂȘme. Mais ce testament n'a jamais Ă©tĂ© retrouvĂ© aprĂšs la mort de la dite dame. Pour ce qui concerne les biens de Madame de Pluviane, il y a eu diminution de leur valeur par suite du mauvais succĂšs qu'a eu l'acquisition faite Ă  Bernau. La famille a fait de grosses pertes en voulant user du droit de brasserie, qui les a conduits Ă  acheter des chevaux et Ă  employer des valets pour labourer les champs, charrier du bois Ă  leur usage et transporter la biĂšre Ă  Berlin. Devant l'ampleur des pertes, de Chauvet a renoncĂ© depuis dix ans Ă  la brasserie et Ă  la distillerie; il a fait transformer les bĂątiments et a fait requĂȘte sur requĂȘte pour faire savoir qu'il renonçait Ă  ce droit et se libĂ©rer des frais qui pesaient de ce fait sur la maison mais il n'a pu l'obtenir. Il a congĂ©diĂ© les domestiques et vendu tous le bĂ©tail, jusqu'Ă  la volaille mĂȘme, afin de faire des Ă©conomies. De mĂȘme les terres ont une rente trĂšs modeste. Elles ne donnaient pas de blĂ© pour leur consommation personnelle et il a dĂ» en acheter chaque annĂ©e. Il a dĂ» aussi acheter du seigle sans avoir pu en vendre contrairement Ă  l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente oĂč la rĂ©colte avait Ă©tĂ© abondante. Il fait travailler les terres Ă  moitiĂ© de la rĂ©colte et paie la moitiĂ© des frais de la moisson. Il en paie seul les droits dĂ»s au roi [Friedrich Wilhelm I], Ă  l'Église luthĂ©rienne et Ă  la ville. L'Ă©chec de cette entreprise n'est pas propre Ă  de Chauvet car quantitĂ© d'autres en Prusse y ont Ă©tĂ© soumis et se sont ruinĂ©s. L'autre source de la diminution des biens provient des dĂ©penses effectuĂ©es par les sƓurs de de Chauvet [DorothĂ©e de Chambaud, Jeanne de Drouet, Françoise de Martineau] durant leur sĂ©jour auprĂšs de Madame de Pluviane et Ă  cause de leurs mariages. Madame de Chambaud a eu deux mille livres parce qu'elle se plaignait que la demeure qu'elle faisait chez les de Pluviane l'empĂȘchait de toucher une pension sur l'État civil français, comme beaucoup d'autres rĂ©fugiĂ©s de sa condition. Elle ne cessait par ailleurs de rĂ©pĂ©ter qu'ils lui avaient promis de la dĂ©dommager. Quand Ă  de Chambaud, il avait la table chez les de Pluviane Ă  l'arrivĂ©e de de Chauvet Ă  Berlin. Il Ă©tait alliĂ© et dĂ©vouĂ© Ă  la famille. Lorsque celle-ci est partie pour Bernau, de Chambaud lui a proposĂ© de s'y rendre aussi et d'y servir d'interprĂšte. Par la suite, il a voulu Ă©pouser la sƓur de de Chauvet et celui-ci n'a pu le lui refuser. Le contrat de mariage a Ă©tĂ© fait en prĂ©sence de Madame de Pluviane, qui n'a jamais contestĂ© l'acte. Il ne faut pas en outre oublier la coutume chez les rĂ©fugiĂ©s de qualitĂ© de donner chaque jour des repas et du cafĂ©, ce qui rĂ©jouissait fort la bonne tante et que de Chauvet n'a jamais su comment rĂ©former. Ces honnĂȘtetĂ©s ont donc continuĂ© dans les circonstances que la biensĂ©ance ne permettait pas d'Ă©viter envers des parents et des amis. Si de Chauvet a demandĂ© une copie entiĂšre des testaments d'Isabelle Turrettini, c'est parce que cette derniĂšre lui avait demandĂ© de le faire aprĂšs qu'il aurait appris sa mort. Il a Ă©tĂ© Ă©difiĂ© par sa charitĂ©. Comme il pe"nse bien que JA suivra la volontĂ© de sa dĂ©funte mĂšre, ils ne devraient pas avoir de mal Ă  s'entendre pour ce qui le regarde. Il le remercie ainsi que [Jean-Antoine] Butini des copies qu'il lui ont fait parvenir. Compte tenu de la baisse des prix des bĂątiments en ce pays, qui s'est rĂ©percutĂ©e sur l'estimation faite de Bernau dans l'inventaire, ainsi que de la dĂ©pense engagĂ©e pour la succession et pour l'entretien pendant quatre ans de la maison, des dettes de Madame de Martineau et de de Raoul et, enfin, de la donation de la moitiĂ© de cette succession qu'a bien voulu faire Isabelle Turrettini Ă  de Chauvet, celui-ci pense faire une offre plus qu'honnĂȘte en proposant, sur la moitiĂ© qui revient aux autres hĂ©ritiers, deux cents Ă©cus Ă  chacune des familles citĂ©es dans le testament. Il joint l'inventaire de la succession de Madame de Pluviane. Dans un PS, il ajoute qu'il offre 600 risdales Ă  ses cohĂ©ritiers, et qu'il se charge des meubles, qui ont beaucoup perdu de leur valeur depuis l'estimation, et de la maison qui ne vaut pas les 400 risdales auxquels elle a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e. Mais si ses cohĂ©ritiers n'en sont pas contents, il est prĂȘt Ă  nĂ©gocier avec eux sur le pied de la donation d'Isabelle Turrettini et Ă  leur cĂ©der les 3/5 de tous les effets de la succession. Il y met la condition toutefois que JA et ses consors acceptent que soit dĂ©duit tout ce qu'ils devront par ailleurs Ă  de Chauvet, c'est-Ă -dire, pour ce qui regarde JA, la part lĂ©guĂ©e par Isabelle Turrettini et, pour ce qui regarde Élisabeth Aguit, 94 florins 10 sols et demi en monnaie de GenĂšve. Dans un PS, de Chauvet annonce qu'il a donnĂ© Ă  Humbert sa proposition qui contient ses offres concernant l'hĂ©ritage de Madame de Pluviane; il espĂšre que JA en sera satisfait puisqu'on lui donne plus que sa portion.

Adresse

[GenĂšve]


Lieux

Émission

Berlin

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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