349 Lettres

Lettre 2632 de Jean I Barbeyrac Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 24.11.1715

Je répondis... à l'Anonyme

Barbeyrac a répondu à l'anonyme de Bordeaux suivant les conseils d'[Antoine] Rouvière, qui coïncidaient avec ses propres sentiments. Il remercie JA des remarques qu'il lui a envoyées sur ses notes à Grotius [Le droit de la guerre, 1724] ; il aimerait recevoir souvent de semblables remarques de la part de son correspondant. Barbeyrac n'a rien à dire à JA sur la façon dont celui-ci doit répondre à Leibniz pour ce qui le concerne; le Genevois est instruit des faits et sait que Barbeyrac ne t...

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Lausanne 24.11.1715


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 484 (f.192-193)

Extraits dans Meylan, Barbeyrac, p.105-106 qui date fautivement la lettre du mois de décembre et dans M. I. Klauber, Between Reformed Scholasticism and pan-Protestantism. Jean-Alphonse Turrettini (1671-1737) and Enlightened Orthodoxy at the Academy of Geneva, Selinsgrove, London and Toronto, 1994, p.155-156 et 219.


Je répondis... à l'Anonyme


Barbeyrac a répondu à l'anonyme de Bordeaux suivant les conseils d'[Antoine] Rouvière, qui coïncidaient avec ses propres sentiments. Il remercie JA des remarques qu'il lui a envoyées sur ses notes à Grotius [Le droit de la guerre, 1724] ; il aimerait recevoir souvent de semblables remarques de la part de son correspondant. Barbeyrac n'a rien à dire à JA sur la façon dont celui-ci doit répondre à Leibniz pour ce qui le concerne; le Genevois est instruit des faits et sait que Barbeyrac ne tient pas à faire la cour au philosophe. Si tel avait été le cas, il en aurait profité à Berlin. Il a eu beaucoup de plaisir à recevoir, à travers JA, les remarques faites par le conseiller [Jacques ou Daniel] Le Clerc au sujet du passage de Pline cité par Grotius; il reconnaît qu'à la lumière de ce que Le Clerc dit, la correction proposée par Barbeyrac devient beaucoup moins nécessaire et il doit avouer qu'il n'avait pas songé à la signification que "evehere" peut avoir chez l'auteur latin. Pourtant il ne pense pas devoir abandonner absolument son idée, qui se justifie par l'opposition de l'idée de limites, la facilité du changement d'"evellimus" en "evehimus" et la suite du discours. Il développe dans le détail son argumentation. La Classe de Morges a fait une levée de boucliers pour représenter à Berne le progrès que les nouvelles opinions pernicieuses font parmi les jeunes ministres et jeter ainsi les soupçons sur les membres de l'Académie. Elle demande qu'à l'avenir tous les proposants qui doivent entrer dans la Classe soient obligés de signer le Consensus et sous une forme bien précise. [Jean Pierre] de Crousaz, sachant qu'il était spécialement visé, en a parlé au trésorier [Christoph] Steiger, à qui ceux de la Classe devaient présenter le mémoire lors de sa visite des vins. On a dit que ce seigneur les avait assez mal reçus et depuis on n'a plus rien entendu. Les promoteurs de cette affaire sont parmi les plus ignorants de la Classe et on a eu occasion de leur témoigner indirectement le ridicule de leur procédé. Ayant en effet su que [Jean-Rodolphe] Hollard, ministre de Rolle, dont l'orthodoxie et la débauche sont de notoriété publique, avait fait prêcher dans son église un proposant, ce qui est défendu, on chargea Barbeyrac d'écrire au doyen de la Classe. Dans sa lettre, Barbeyrac lui dit qu'ils avaient préféré ne pas alerter le souverain pour ne pas imiter ceux qui ne connaissent pas les règles de l'équité; qu'ils avaient à cœur d'inspirer à leurs disciples un zèle raisonnable pour la vérité et qu'ils avaient décidé d'être plus sévères lors des examens pour empêcher qu'une ignorance brouillonne et présomptueuse ne nuise à l'Église et à l'État, qu'ils feraient très attention à la conduite morale des candidats. Il semble que [Johann Rudolf] Tillier, qui était encore bailli d'Aubonne au moment de la réunion de la Classe, défendit l'Académie et se prononça contre la signature du Consensus et il paraît que c'est l'opinion d'un grand nombre des Deux Cents. Si l'affaire a des suites, Barbeyrac, avec trois ou quatre, a décidé de se prononcer contre la nécessité du Consensus. Il a du reste écrit à Berne, à la suite de certains bruits qui prétendaient que, sous son rectorat, on n'avait plus exigé la signature de la Formula. Il a expliqué que cela était faux, que tous avaient signé mais que certains l'avaient fait sous la restriction "quatenus Scripturæ consentit". Barbeyrac a ajouté qu'il n'avait pas été le premier à accorder cette sorte de signature mais qu'il l'aurait fait même si tel avait été le cas, puisqu'à moins de renoncer au protestantisme toute signature d'écrit humain doit porter une telle limitation. Il n'a pas encore reçu de réponses. Il demande enfin à JA de lui prêter, s'il les possède, les œuvres de deux scolastiques espagnols, Covarrubias et Vasquez [de Menchaca] dont Grotius s'est le plus servi.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Lausanne

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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