207 Lettres

Lettre 2492 de Ludwig Friedrich Bonet [de Saint-Germain] à Jean-Alphonse Turrettini

Londres 27.04.1714 [16/27.04.1714]

J'ay receu les lettres

Bonet a remis à l'évêque de Londres [John Robinson] la lettre de JA et a eu un entretien avec lui; il lui a dit que les protestants persécutés sur le continent espèrent qu'il aura la même attitude bienveillante à leur égard que ses prédécesseurs et qu'il poursuivra la correspondance avec ces Églises. L'évêque était au courant des persécutions dans les Vallées du Piémont ainsi que dans l'Empire et il s'est dit tout à fait disposé à continuer la correspondance entre les Églises protestantes. Entre...

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Londres 27.04.1714 [16/27.04.1714]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 485 (f.143-146)


J'ay receu les lettres


Bonet a remis à l'évêque de Londres [John Robinson] la lettre de JA et a eu un entretien avec lui; il lui a dit que les protestants persécutés sur le continent espèrent qu'il aura la même attitude bienveillante à leur égard que ses prédécesseurs et qu'il poursuivra la correspondance avec ces Églises. L'évêque était au courant des persécutions dans les Vallées du Piémont ainsi que dans l'Empire et il s'est dit tout à fait disposé à continuer la correspondance entre les Églises protestantes. Entre-temps Bonet a reçu du roi de Prusse [Friedrich Wilhelm I] plusieurs documents touchant les persécutions qu'il envoie à JA sous forme de mémoire. Il espère que les interventions du roi seront aussi efficaces que l'ont été celles d'il y a quelques mois en faveur des protestants persécutés en Pologne. Il ajoute qu'il a été le seul ministre parmi ceux des puissances protestantes résidents à la Cour à avoir reçu des ordres concernant ces persécutions, ce qui ne va qu'à l'honneur de la piété de son maître le roi de Prusse. Celui-ci a du reste réussi à vaincre les obstacles qui s'étaient levés du côté de la Cour impériale et du Palatinat contre l'abolition de la clause du IVe article du traité de Ryswick. Bonet pense que l'union de la reine d'Angleterre [Anne Stuart] et du roi de Prusse pourra faire cesser les violentes persécutions du papisme; la reine est du reste extrêmement attentive à tout ce qui touche la religion, comme le duc [John Sheffield] de Buckingham le lui a confirmé. Son intention était de faire relâcher incessamment tous les galériens, ce qu'elle aurait obtenu si on avait ouvert les négociations pour la paix par le règne de Dieu. Mais puisqu'on a choisi une autre démarche et qu'on a débuté par la suspension des armes, on s'est mis à la discrétion de la France et on obtient par grâce ce qu'on aurait obtenu par droit; la libération des galériens n'est pas aussi proche qu'on pouvait l'espérer. Le roi de Prusse l'a chargé d'exercer des pressions, ce qu'il a fait auprès du duc d'Aumont et de d'Iberville. Il en a été reçu très aimablement mais, bien que ces deux messieurs aient été tout à fait bien disposés, tout ce qu'il a obtenu de la Cour de France a été un refus couché dans des termes très civils. Il a vu depuis la lettre que les Églises des Cantons évangéliques ont adressée aux archevêques et évêques du royaume en faveur des galériens. Il regrette que la lettre, écrite en latin par Zeller, n'ait pas été mieux rédigée; il faut de la piété mais aussi de la dignité dans les pensées et dans les expressions. Bonet termine la lettre en renseignant JA sur les débats qui ont lieu dans les deux Chambres au sujet de la succession au trône d'Angleterre. On craint qu'elle n'appartienne au premier installé et les partisans de celle établie par les lois voudraient bien avoir ici le prince électoral [Georg Ludwig de] Braunschweig[-Lüneburg-Hanovre]. Mais le discours de la reine a empêché qu'on ne l'invitât. Il a alors trouvé l'expédient d'obtenir un acte (writt) du Parlement pour s'y faire appeler comme duc de Cambridge par la patente de la reine et premier duc du royaume par acte de Parlement. Le grand chancelier [Harley d'Oxford] prit cette demande ad referendum et fit savoir le lendemain qu'il délivrerait le writt et la promesse. On pensait donc la succession à l'abri de tout danger désormais mais Bonet apprit avant-hier que dans ce même conseil, où la décision fut prise, on résolut d'expédier deux lettres à la cour de Hanovre pour la persuader de ne pas faire usage de ce writt et d'y envoyer incessemment mylord [Henry] Paget, fils de celui [William] qui média la paix de Karlowitz. [Horatio] Walpole, du parti whig, demanda alors en confidence à son ami de la commission, s'il était bien sûr que l'Électeur de Hanovre voulut abandonner ses droits à la couronne. Telle est donc la situation de crise dans laquelle on se trouve actuellement.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Londres

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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