262 Lettres

Lettre 2217 de Jean I Barbeyrac à Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 14.08.1711

Je suis fâché... que vous n'aiyez

En quittant Genève, Barbeyrac a laissé une lettre pour JA et il est navré d'apprendre que celui-ci l'a reçue très tard à cause de la négligeance de [Jean (?)] Sellon. Il serait souhaitable pour sa santé que JA demeurât le plus longtemps possible à la campagne où l'air est meilleur. La santé d'[Albert] Roy, qui est parmi eux en ce moment, est très atteinte, le mal étant du reste aggravé par une mélancolie qui l'enferme à la maison. On perdrait beaucoup s'il venait à manquer. Barbeyrac remercie JA...

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Lausanne 14.08.1711


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 484 (f.118-119)

Extraits dans Meylan, Barbeyrac, p.90, 91, 92-93


Je suis fâché... que vous n'aiyez


En quittant Genève, Barbeyrac a laissé une lettre pour JA et il est navré d'apprendre que celui-ci l'a reçue très tard à cause de la négligeance de [Jean (?)] Sellon. Il serait souhaitable pour sa santé que JA demeurât le plus longtemps possible à la campagne où l'air est meilleur. La santé d'[Albert] Roy, qui est parmi eux en ce moment, est très atteinte, le mal étant du reste aggravé par une mélancolie qui l'enferme à la maison. On perdrait beaucoup s'il venait à manquer. Barbeyrac remercie JA des bons conseils qu'il lui a donnés; avant même de recevoir sa lettre, il avait décidé d'arrêter la fréquentation d'une Société où, à côté de gens très honnêtes, il y en avait d'autres dont il se méfiait; on y parle souvent de théologie puisqu'on fait, tour à tour, la paraphrase d'un chapître. Il est donc judicieux qu'il s'en retire doucement, sous prétexte de ses occupations, de façon qu'on n'alerte pas Berne en disant qu'il se mêle de théologie. Sa liberté ne consiste d'ordinaire que dans le privilège naturel que chacun a de penser pour soi ce que bon lui semble, contre les présomptions d'infaillibilité qu'ont certains qui veulent dominer les consciences. Barbeyrac recevra avec plaisir l'oraison de JA sur les jeux séculiers [De ludis sæcularibus]. Quant à la plaisante équivoque relative à JA, il a demandé au bailli d'Aubonne [Johann Rudolf Tillier] si elle était vraie et en a reçu une réponse positive, bien que pas très précise, le monsieur en question en ayant un souvenir indistinct. [David] Constant vient de lui raconter que JA lui a écrit au sujet des lettres de Bayle, en lui disant aussi qu'il avait entendu dire qu'on trouvait à redire concernant ses dernières thèses [Cogitationes]. Barbeyrac a écrit des choses à JA à ce sujet mais il serait fâché que Constant le sût. Il semble du reste que celui-ci ait dit à Genève à l'auberge que [Bénédict] Pictet et lui avaient discuté des thèses de JA et gémi (soit lui, soit Pictet, soit les deux) qu'on ose professer publiquement à Genève des opinions pareilles. Ce Constant est, par ailleurs, un bon homme, en privé pas très zélé pour les questions d'orthodoxie, comme il l'a montré une fois en disant à Barbeyrac que si cela ne tenait qu'à lui, il choisirait [Gabriel] Bergier pour la chaire de théologie, même s'il est soupçonné d'arminianisme et à cause de cela ne serai jamais nommé, au moins tant qu'[Elisaeus I] Malacrida et [Johann Rudolf] Rudolf vivraient. Il termina du reste son discours en affirmant qu'il ne disait pas tout ce qu'il pensait et que ceux qui voulaient empêcher les étudiants de lire les hérétiques avaient tort. Barbeyrac donne par la suite des nouvelles littéraires: le commentaire de Limborch sur les Actes, les Romains et les Hébreux paraît in-folio comme la théologie; il y a une nouvelle édition augmentée de quelques pièces de l'Ars critica de Le Clerc [Amstelædami, 1712] ; on a aussi fait une nouvelle édition d'Epictète et de Cèbes [Trajecti Batavorum, 1711] ; Le Clerc soutient que sa vie lui a été envoyée de Genève; Hemsterhuis prépare une nouvelle édition de Jamblique; on attend une Histoire de France de Daniel [Paris, 1713] ; il semble que [Jacques] Saurin veuille donner une logique et une rhétorique; on ne sait pas si [Jacques] Bernard continuera la publication des Nouvelles; on imprime en Hollande tout ce qu'on a pu trouver de vers de [Jean-Baptiste] Rousseau; la dernière édition de la bibliothèque latine de Fabricius est celle de Hambourg de 1708; pour la bibliothèque grecque, il n'y a d'imprimé que le premier volume, qui risque de rester le seul, l'auteur étant actuellement occupé à une nouvelle édition de Sextus Empiricus.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Lausanne

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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