5000 Lettres

Lettre 1371 de Philippe Madaillan de Lesparre  à Jean-Alphonse Turrettini

Paris 05.01.1702 [05.01.]

Celuy qui dans

Pendant que Madaillan était à Genève, il a reçu de la part de *** l'écrit auquel (ou dans lequel) JA a répondu; or l'auteur de l'écrit trouve que, parmi toutes les réponses qu'on a faites à Madaillan, celle de JA est la plus exacte et c'est à celle-là qu'il a voulu répondre pour mieux convaincre les autres de la faiblesse du protestantisme et de la force de Rome. Madaillan prie donc JA de répondre à cela; il le doit à la religion en général et au salut de Madaillan en particulier. Il a demandé a...

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Paris 05.01.1702 [05.01.]


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 488 (f.107-108)


Celuy qui dans


Pendant que Madaillan était à Genève, il a reçu de la part de *** l'écrit auquel (ou dans lequel) JA a répondu; or l'auteur de l'écrit trouve que, parmi toutes les réponses qu'on a faites à Madaillan, celle de JA est la plus exacte et c'est à celle-là qu'il a voulu répondre pour mieux convaincre les autres de la faiblesse du protestantisme et de la force de Rome. Madaillan prie donc JA de répondre à cela; il le doit à la religion en général et au salut de Madaillan en particulier. Il a demandé au roi [Louis XIV] une prolongation de deux mois du passeport que Sa Majesté lui avait accordé, afin de donner à JA le temps de faire sa réponse et à Madaillan celui de la recevoir et de l'examiner. On lui a accordé cela sans autre restriction que d'agir ensuite d'après sa conscience. C'est une grâce très particulière, comme l'ont assuré le cardinal de Noailles, auteur de la réponse que Madaillan envoie à JA, et à tous les ministres. L'expéditeur est scandalisé qu'au moment où on lui accorde des grâces si particulières là où il ne s'y attendait guère, on le traite en revanche si mal à Genève même puisqu'il sait de source sûre que le Conseil a résolu que s'il y retournait il en serait chassé. Cela est d'autant plus surprenant que son comportement ne justifie guère une telle décision, n'ayant jamais pu lui reprocher la moindre péccadille. Sa conduite a en effet toujours donné satisfaction à tout le monde et il a été obligé de revenir ici [à Paris ?] parce qu'il s'est vu privé de son pain et chassé par un procédé outrageant du conseiller [Isaac] Pictet aussi bien que de [Catherine (?)] Vial [de Beaumont]. Il s'est donc trouvé dans la nécessité extrême de revenir dans son pays natal pour y chercher les moyens d'en avoir sans les secours ni de l'un ni de l'autre et pour tâcher d'apporter du soulagement aux réfugiés qui languissent hors du Royaume ainsi qu'aux nouveaux catholiques. Il avait nourri l'espoir qu'une fois ces tâches menées à bout il pourrait s'en retourner à Genève, parmi ses frères, pour y achever sa course. Il connaît à Genève quatre personnes et plus, parmi les gens du lieu aussi bien que parmi les réfugiés, dont la conduite est très scandaleuse et qui sont pourtant encensées alors qu'on le chassera, lui, s'il y revient. Y-a-t-il en cela beaucoup de religion et beaucoup de charité alors qu'on sait, à Genève, qui il est et qu'il n'appartient guère à la lie du peuple. Son seul malheur a été d'avoir déplu à Madame Vial qu'un grand magistrat honore de sa protection et à sa fille [Andrienne] Huber, alors qu'il n' a jamais rien fait à ces dames. Mais il ne veut pas rendre le mal pour le mal et continuera à bien se conduire envers tous ces gens qui ne le veulent pas à Genève et qui l'ont toujours méprisé. Et cela parce qu'il a un autre christianisme et d'autres principes que ces gens-là.

Adresse

Genève

Commentaire

L'allusion, dans une lettre de Martine du 24.02.1702, à un deuxième paquet pour Madaillan permet de rétablir le millésime. Cette datation est confirmée par la lettre de Madaillan du 07.07. dans laquelle il mentionne le mercredi 19.07; or, en 1702, le 19 juillet tombe effectivement sur un mercredi.


Lieux

Émission

Paris

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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