262 Lettres

Lettre 660 de Barthélemy Micheli du Crest à Jean-Alphonse Turrettini

GenĂšve 19.06.1693 [09.06.1693]

Je vous le disois bien

Micheli a eu la goutte mais maintenant il en est dĂ©livrĂ©. On a depuis quelques jours de trĂšs grandes chaleurs qui ont fait renaĂźtre quelques espoirs pour la rĂ©colte; que Dieu la mĂšne Ă  bon port, puisqu'il y a une grande misĂšre et pĂ©nurie de tout. Il faut qu'avec ces chaleurs JA fasse particuliĂšrement attention; en effet, ajoutĂ©es au changement de climat et de nourriture (beaucoup plus succulente Ă  Paris), elles peuvent ĂȘtre nuisibles. JA devrait se faire saigner, ne pas trop manger, ne pas trop...

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GenĂšve 19.06.1693 [09.06.1693]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.M.20


Je vous le disois bien


Micheli a eu la goutte mais maintenant il en est dĂ©livrĂ©. On a depuis quelques jours de trĂšs grandes chaleurs qui ont fait renaĂźtre quelques espoirs pour la rĂ©colte; que Dieu la mĂšne Ă  bon port, puisqu'il y a une grande misĂšre et pĂ©nurie de tout. Il faut qu'avec ces chaleurs JA fasse particuliĂšrement attention; en effet, ajoutĂ©es au changement de climat et de nourriture (beaucoup plus succulente Ă  Paris), elles peuvent ĂȘtre nuisibles. JA devrait se faire saigner, ne pas trop manger, ne pas trop marcher quand il fait chaud et utiliser toutes les commoditĂ©s pour Ă©pargner ses pieds. Comme JA le demandait dans ses lettres, Micheli a transmis ses compliments au rĂ©sident [d'Iberville]. Il sera content de la promotion de son ami La BruyĂšre mais Micheli ne lui dira pas qu'il n'a pas bien haranguĂ©. On transmettra naturellement Ă  [Isnard] du Terrier les honnĂȘtetĂ©s de Lacombe. Il ne faut pas que JA soit rebutĂ© par la longueur du procĂšs; il doit ĂȘtre hardi Ă  faire intervenir les amis et ne rien nĂ©gliger quand il s'agira du jugement. Micheli aimerait avoir des nouvelles de Du Boulay, amant de [Marie-Sidonia] de Courcelles, qui devrait ĂȘtre parmi les connaissances de l'abbĂ© de CombrĂ©. Il devrait aussi voir les enfants du comte d'Entragues que Micheli considĂšre un peu comme ses propres enfants de par l'amitiĂ© qu'il avait pour leur mĂšre. Il se peut que la curiositĂ© pousse JA Ă  aller Ă  Saint-Cyr mais Micheli ne sait mĂȘme pas s'il est permis de s'y rendre. Il faut que JA sache que Madame Prioleau [Priolo de La Viennerie (?)], qui y est directrice du spirituel, est une proche parente de Micheli. S'il la voit, il devra se faire reconnaĂźtre. La dispute pour la chaire de philosophie commence aujourd'hui; [BĂ©nĂ©dict] Pictet lui en fera le dĂ©tail. [Jacques] Sarasin dispute alors que [François I] Mestrezat et [Étienne] Jallabert se sont dĂ©sistĂ©s. Micheli n'est pas en mesure de lui dire quoi que ce soit sur le PiĂ©mont; on sait seulement que les troupes des alliĂ©s doivent ĂȘtre arrivĂ©es sur la plaine. On a fait de grands magasins du cĂŽtĂ© de Coni et du val d'Aoste. Il est difficile de passer un si grand corps par le Saint-Bernard. Catinat a l'avantage de faire avancer les troupes par un plus court chemin, ce qui fait croire qu'on doit regarder cela comme une diversion. La santĂ© du prince [Victor-AmĂ©dĂ©e II] n'est pas bonne mais il veut prendre le commandement. Pour ce qui est de la levĂ©e de Zurich, Valkenier a dit qu'il l'avait demandĂ©e au Magistrat qui la lui avait refusĂ©e; on a mĂȘme mis en prison des gens qui avaient commencĂ© Ă  lever. Sous la pression du peuple, poussĂ© en cela par les ministres, qui ont une trop grande autoritĂ© dans le Canton, le Magistrat commença par relĂącher les prisonniers et promit de traiter de la capitulation. C'est ce qu'ils firent mais avec l'idĂ©e de la tenir tellement haute que ce serait un moyen de la rompre, comme c'Ă©tait arrivĂ© Ă  celle de Coxe. Mais Valkenier, sans mĂȘme lire les articles, la signa. Ils ont ainsi donnĂ© quatre compagnies qui ne serviront jamais contre la France et qui resteront toujours en garnison. On croyait qu'ils feraient la mĂȘme demande Ă  Berne mais ils ont dĂ©couvert que celle-ci ne la signerait pas. Le colonel Capol a levĂ© dans les Grisons un rĂ©giment de huit compagnies. La prise si facile d'Heidelberg ainsi que le passage sur le Rhin de Monseigneur [Louis I de France], qui ne trouvera rien qui s'opposera Ă  son armĂ©e bien fournie, fera rĂ©flĂ©chir les Suisses sur leur sage conduite passĂ©e et sur le peu de raisons qu'ils ont de la changer.

Adresse

[Paris]


Lieux

Émission

GenĂšve

RĂ©ception

Paris

Conservation

GenĂšve


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