262 Lettres

Lettre 103 de Jean-Alphonse Turrettini Ă  Johann Heinrich Gernler

[GenĂšve] 25.05.1688 [15/25.05.1688]

Il me semble qu'il y a

JA n'a pas Ă©crit Ă  Gernler ne sachant pas quand celui-ci quitterait Leyde; il le fait toutefois maintenant, en espĂ©rant qu'en cas de dĂ©part on lui fera suivre le courrier. Il aimerait savoir si le jeune [Gabriel Sarasin] de La Pierre a remis Ă  Gernler la lettre qu'il lui Ă©crivit et un paquet sĂ©parĂ© oĂč se trouvait une harangue [Pictet, Benedicta memoria]. Il y avait Ă©galement un autre paquet oĂč Pictet avait mis plusieurs de ses harangues Ă  distribuer Ă  ses meilleurs amis hollandais. L'a-t-...

[GenĂšve] 25.05.1688 [15/25.05.1688]


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
Öffentliche Bibliothek der UniversitĂ€t (Basel), Ki. Ar. 130b 199 (n.f.)


Il me semble qu'il y a


JA n'a pas Ă©crit Ă  Gernler ne sachant pas quand celui-ci quitterait Leyde; il le fait toutefois maintenant, en espĂ©rant qu'en cas de dĂ©part on lui fera suivre le courrier. Il aimerait savoir si le jeune [Gabriel Sarasin] de La Pierre a remis Ă  Gernler la lettre qu'il lui Ă©crivit et un paquet sĂ©parĂ© oĂč se trouvait une harangue [Pictet, Benedicta memoria]. Il y avait Ă©galement un autre paquet oĂč Pictet avait mis plusieurs de ses harangues Ă  distribuer Ă  ses meilleurs amis hollandais. L'a-t-il reçu Ă©galement? On a appris la veille la triste nouvelle de la mort de l'Electeur de Brandebourg [Friedrich Wilhelm], seul appui des protestants, seul asile des rĂ©fugiĂ©s et seul contrepoids Ă  la France. Cette mort a jetĂ© les esprits dans une consternation inconcevable. Il faut songer au grand nombre de protestants sur le point de partir pour le Brandebourg et arrĂȘtĂ©s par cette nouvelle. Car si le nouveau prince [Friedrich III] ne supprime pas les Ă©tablissements dĂ©jĂ  faits, il n'en fera probablement pas de nouveaux. On craint pour le professeur [Friedrich] Spanheim, dont la santĂ© semble altĂ©rĂ©e. À GenĂšve, on s'apprĂȘte Ă  enterrer, dans une heure, le pauvre Murat, qui est venu mourir dans la ville. Avant de tomber malade, il a parlĂ© d'une paysanne du DauphinĂ© [Isabeau Vincent] qui, dit-on, prĂȘche en dormant; le pauvre a toujours eu une renommĂ©e de visionnaire, Ă  ce point qu'on a eu de la peine Ă  se persuader qu'il Ă©tait malade jusqu'Ă  ce qu'il fĂ»t mort. Les affaires genevoises Ă  Paris sont moins avancĂ©es qu'on le croyait. On a proposĂ© une audience de congĂ© au dĂ©putĂ© genevois [Ami Le Fort], qui n'a pas voulu l'accepter. Le rĂ©sident [DuprĂ©] s'en va Ă  Florence et on a nommĂ© Ă  sa place un gentilhomme normand nommĂ© d'Iberville. L'Empereur [LĂ©opold I] a envoyĂ© aux Cantons un dĂ©putĂ©, le baron de Landsee, qui se prĂ©sentera Ă  la premiĂšre assemblĂ©e de Baden. [Jean] Bernard a Ă©tĂ© dĂ©putĂ© auprĂšs des Puissances protestantes pour plaider en faveur des rĂ©fugiĂ©s qui arrivent encore tous les jours. JA se demande si la mort de l'Electeur n'arrĂȘtera pas le voyage et si Bernard lui-mĂȘme n'y laissera pas sa peau.

Adresse

Leyde


Lieux

Émission

GenĂšve

RĂ©ception

Leyde

Conservation

BĂąle


Cités dans la lettre